Au pays des monarques-élus

•4 octobre 2009 • Laisser un commentaire

Ce billet s’apprêtait à devenir un statut Facebook. Toutefois, mon emportement passionné en a exponentiellement amplifié la longueur et je l’offre à vous, « ma public ». Ainsi…

Je récapitule. Stephen « my goal [is] to make conservatism the natural governing philosophy of the country » Harper, le Premier ministre canadien le plus machiavélien depuis Trudeau, nomme au Sénat canadien un (respectable) entraineur de hockey analphabète pour séduire les matantes de Chaudière-Appalaches qui trouvent que Demers « a l’air ben correct ». Il nomme par la même occasion son ancienne attachée de presse et son organisateur de campagne, car les ascenseurs, ça se retourne.

Et là, alors que Demers s’apprête à voter… avec sa conscience (!), un collègue lui rappèle qu’il a un patron. Donc, l’honorable sénateur ne votera point. Il va donc exprimer ce qu’il pense vraiment… à l’émission Tout le Monde en Parle, Temple de la Complaisance des Ondes d’État, comme le fait Denis Coderre d’ailleurs. Ainsi fonctionne la Cité en Monarchie constitutionnelle britannique.

Criss!!!

Vive la République!

Source:
Jacques Demers s’abstient pour son tout premier vote au Sénat, sur Cyberpresse

L’éternel retour

•2 octobre 2009 • Laisser un commentaire

Me voici de retour. À nouveau.

Je reprends la plume en cet humble blogue. Les raisons sont diverses. Je mentionnerai l’encouragement d’un philosophe à recommencer à écrire…

Je le fais tout en ignorant ce que promet ce geste. En effet, la tenue d’un blogue est une activité périlleuse s’il en est une dans le monde merveilleux de l’aûûûtoroute de l’informâtion. Il est sans doute démontrable qu’un blogue sur deux de la « blogosphère » (oh oui, je dis le mot « blogosphère ») est figé sur la phrase: « Pardon de n’avoir pas écrit avant, mais… », d’un billet écrit en quelque part en septembre 2006.

Vais-je faire languir pendant des semaines mes lecteurs, follement impatients d’apprendre ce qu’il advient de mes plants d’églantines? Nul ne sait, nul ne sait.

Kosovo: Bob Rae et l’absurdité totale

•18 février 2008 • Laisser un commentaire

Le Kosovo a déclaré son indépendance. Et, en voyant les scène de peuple en liesse, on se prend, on se surprend à goûter, un peu, au sentiment de plénitude et d’honneur qu’apporte, qu’apporterait la liberté pour le Québec et sa République qu’il y a à dresser. On se surprend à se rappeler de ce que c’était que l’élan de la liberté.

Mais ce n’est pas la même chose pour tous. Ce n’est pas la même chose pour Bob Rae. …car Bob Rae est passé en entrevue. Et cette entrevue a eu un extrait présenté au Téléjournal. Et Bob Rae nous a appris que toute comparaison entre le Québec et le Kosovo était « absoluement » une « absurdité totale » à cause du traitement des Kosovars comparé au traitement des Québécois. Et cela explique que le Canada hésite à reconnaître l’indépendance du Kosovo.

Mais quelle ineptie!

À travers le monde, les moyens d’un côté comme de l’autre changent, selon les situations. Mais les idées, elles sont les mêmes. Le dominant refuse la liberté et l’intégrité du dominé par négation de sa singularité. Le dominé aspire à assumer sa liberté et son intégrité par cette fibre inhérente qui refuse que sa singularité soit subjuguée. Tout est là. Et de l’Écosse au Tibet, des femmes aux noirs, cette force a relevé, relève et relèvera les humains à la dignité.

Alors, ce qu’il faut demander, c’est ceci. Combien de morts faut-il pour se faire conférer le privilège de la liberté? Combien faut-il souffrir pour acheter le droit d’être libre?

Ressource:
* Le Téléjournal du 17 février 2008 sur SRC.ca

La Caverne

•7 février 2008 • Laisser un commentaire

Richard Dawkins est intellectuel athée renommé de Grande-Bretagne. Dans un documentaire sur la religion, il s’entretient avec Ted Haggard. Ce dernier est un prédicateur également renommé qui, comme un nombre époustouflant de moralistes doctrinaires américains ces dernières années, fut pris en « flagrant délit de tendresse » (dixit Herbert Léonard) avec un homme. On a aussi dévoilé sa consommation de « crystal meth ».

La confrontation, où Haggard répond à Dawkins avec acrimonie, me rappela La République de Platon. L’Allégorie de la caverne, du Livre VII de La République, présente Socrates exposant à Glaucon la nature du Philosophe par l’allégorie d’hommes prisonniers d’une caverne où ils ne peuvent voir que des ombres, qu’ils prennent pour la vérité. Le Philosophe est celui qui réussi à voir la vérité hors de la caverne, et retourne pour l’apprendre à ses compagnons.

– Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu’on les guérisse de leur ignorance. Qu’on détache l’un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l’éblouissement l’empêchera de distinguer ces objets dont tout à l’heure il voyait les ombres.

Que crois-tu donc qu’il répondra si quelqu’un lui vient dire qu’il n’a vu jusqu’alors que de vains fantômes, mais qu’à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l’oblige, à force de questions, à dire ce que c’est? Ne penses-tu pas qu’il sera embarrassé, et que les ombres qu’il voyait tout à l’heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu’on lui montre maintenant?

Beaucoup plus vraies, reconnut-il. […]

 – Et si, repris-je, on l’arrache de sa caverne par force, qu’on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu’on ne le lâche pas avant de l’avoir traîné jusqu’à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences? Et lorsqu’il sera parvenu à la lumière pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies?

Il ne le pourra pas, répondit-il; du moins dès l’abord.

Ensuite, l’homme philosophe retourne à la caverne.

– Et s’il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n’ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis (or l’accoutumance à l’obscurité demandera un temps assez long), n’apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu’étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n’est même pas la peine d’essayer d’y monter? Et si quelqu’un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu’ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas?

Sans aucun doute, répondit-il.

Ressources:
* Ted Haggard sur Wikipédia (en anglais)
* Richard Dawkins sur Wikipédia (en anglais)
* La République sur Wikipédia
* Texte de l’Allégorie de la caverne
* Platon sur L’Encyclopédie de l’Agora

Pour améliorer le couple? Le féminisme

•4 février 2008 • Laisser un commentaire

Marianne Prairie, du groupe parle d’une étude universitaire sur les effets bénifiques du féminisme sur la vie de couple. Les Moquettes coquettes sont un groupe de jeunes humoristes québécoises « underground » (en français… humoristes « émergeants »?). À voir.

It’s all French! Clic!

•4 février 2008 • Un commentaire

Anecdote. Je constate aujourd’hui qu’il y a un message sur ma boîte vocale, et mon afficheur m’indique un numéro inconnu sans nom. J’écoute. Un court silence, et une exclamation frustrée jaillit: It’s all French! -click-! Le numéro venait du sud-ouest de l’Ontario (Soo-Saint-Meurryie?), et la personne n’avait pas été assez versée dans la base du français pour même comprendre que mon message était résidentiel.

Ça me rappelle François Parenteau qui, cette semaine dans le journal Voir, récitait comment il avait découvert qu’il avait l’impression que presque chaque faux numéro qu’il avait reçu depuis des années venaient d’anglophones (montréalais) unilingues. Le billinguisme à l’oeuvre.

O Canada! Terrreuy de… -native laaand!

Je suis tanné!

•4 février 2008 • Laisser un commentaire

Ainsi, Marois est « tannée » des sorties discordantes des ténors souverainistes. Félicitons les médias québécois, car ils ont des années d’avance sur elle à ce sujet. En fait, il y a peu de choses dont ils ne sont pas « tannés ». Le cynisme qu’ils propagent laisse comprendre que le statu quo, ils en sont « tannés » (qu’il soit souhaitable ou non; le fameux Divin « Changement »), mais que le changement, quand il est autre qu’un nuage vaporeux d’un ersatz d’idée, ils en sont aussi « tannés ».

Ainsi va de l’indépendance d’esprit. Le système politique britannique que nous traînons, dans cette colonie qui nous sert de province qui nous sert de pays, est orienté vers la ligne de parti. La preuve, dans un parti plus ordinaire et pragmatique comme le PLQ, il faut être rabroué ou émasculé, comme Thomas Mulcair ou Pierre Paradis, pour pouvoir laisser souffler la moindre pensée discordante. Le système des médias politiques, pour sa part, est orienté pour « attraper » les politiciens, au delà de la pertinence, l’utilité ou l’éthique de l’attrape. L’américain Bill Maher parlait du « Gotcha Game ». Lorsque les deux systèmes se corrompent mutuellement, voilà ce que l’on obtient: la diabolisation des esprits libres et de la parole libre.

De la même façon, le système politique sous-entend que le peuple a toujours raison. Donc, une politicienne comme Marois, qui affiche une volonté de se « rebrancher » sur le peuple, peut avoir tendance à donner raison à toutes ses opinions. Mais, comme d’autres, elle peut prendre le reflet de cette opinion dans les médias, qui ont parfois leurs propres visées.

Je suis tanné: que les médias nous plantent dans le cerveau, à chaque bulletin, un clou; celui qui nous fais voir en toute libre parole politique une élucubration suspecte de désordre.

Je suis tanné que les médias dénoncent un phénomène qu’ils alimentent pathologiquement à la fois, la langue de bois.

Le système politique américain est malade à plusieurs points de vue, je le crois avec regret. Mais, je trouve sain que, à certains (certains!) égards, la ligne de parti y est moins forte et que l’indépendance d’esprit est valorisée. L’un des congressistes américains les plus en désaccord ouvert avec son parti s’appelle John McCain, et peu de Républicains ont été si souvent en désaccord avec le Président. Il est présentement considéré le meneur pour saisir la nomination républicaine et prendre sa place. Et les Démocrates auraient raison de craindre cet avénement.

J’apprécie la liberté d’esprit de Bernard Landry, de Jean-François Lisée, de Joseph Facal, de Jacques Parizeau aujourd’hui, et d’autres du passé, comme, ah, je ne sais pas, Jean-Pierre Charbonneau, Henri Bourassa, Olivar Asselin, Michel Chartrand, Pierre Bourgault, Louis-Joseph Papineau, Claude Ryan et René Lévesque lui-même. …des rebelles au front, des rebelles en leurs rangs, qui savaient pourtant serrer les rangs. Ils nous rappellent que la politique est humaine, et retirent des mains des commentateurs médiatiques la démocratie qu’ils ont confisquée.

Ressource:
* Marois « tannée » des sorties publiques de Landry de Cyberpresse